Retour à l’école – prudence!

« Un pari risqué » selon Dr Arruda (extrait de La Presse)

Rouvrir des entreprises à compter du 4 mai et retourner au travail 500 000 personnes représente un « pari risqué », reconnaît le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda. Mais à ses yeux, il y a aussi un risque à maintenir très serré l’étau du confinement.

« Dans une société, il n’y a pas que les maladies infectieuses [qui] sont des déterminants de la santé. Moi, je veux éviter des suicides chez des propriétaires de PME, des divorces parce que ça va mal et de la violence faite aux enfants. Ça fait partie aussi des enjeux de santé qu’il faut être capables de mesurer », a expliqué le Dr Arruda mardi, alors que Québec a présenté son plan de réouverture des entreprises, 24 heures après celui des écoles primaires et des garderies.

Il ne faut pas se faire d’illusions, selon lui : il y aura recrudescence de la transmission du coronavirus et « il va y en avoir, des éclosions », à partir du moment où « on rouvre un peu ». « Certains pourront avoir besoin d’être hospitalisés » et « il pourrait y avoir même des personnes qui décéderaient », a-t-il indiqué, disant espérer que « pas trop de gens vont mourir ».

Le Dr Arruda a répondu que sa « réticence » au sujet du déconfinement, « c’est de ne pas savoir ce qui va vraiment se passer et comment ça va se dérouler ».

Il a tenu à être « clair » : « il n’y a rien, rien qui va m’empêcher de faire une recommandation de reculer à un certain endroit si nécessaire », a-t-il affirmé.

« Si la population ne suit pas les consignes comme telles, je ne serai pas gêné de recommander le confinement de façon importante pour ne pas nous retrouver dans une situation où on aura à choisir entre monsieur Y et monsieur X, ou madame Y et madame X pour les soins intensifs. »

L’Ontario plus prudent

Lors d’une conférence de presse tenue à Queen’s Park mardi, Doug Ford a été interrogé sur la décision du Québec de rouvrir les écoles et les garderies le mois prochain.

Le premier ministre ontarien a déclaré que même si la décision revenait au Québec, qu’il “ne ferait pas cela en Ontario”.

«Nous suivons nos conseils du médecin hygiéniste en chef, de notre table de la santé et de nos experts et nous ne voulons pas mettre nos enfants en danger. C’est vraiment de cela qu’il s’agit»

«Je ne vais pas mettre nos enfants dans une classe bondée. Je ne vais pas le faire. Nous devons protéger nos enfants à tout prix et nous prendrons cette décision d’ici la fin du mois. »

«Les enfants sont les personnes les plus importantes de notre société et nous devons protéger nos enfants. Les enfants ne peuvent pas se protéger. Ils comptent sur nous pour prendre une décision et personne ne veut mettre nos enfants en danger. Je ne veux tout simplement pas prendre cette chance »

“Attendons jusqu’à la fin du mois de mai, puis nous déciderons si nous allons continuer pendant quelques semaines pour retourner à l’école ou si nous allons simplement abandonner le reste de l’année scolaire.” a déclaré Ford.

Le gouvernement ontarien a décidé de fermer les écoles jusqu’au 30 mai au moins en attendant de voir comment les mesures de distance physiques ont contribué à ralentir la propagation du COVID-19.

Des nouvelles inquiétantes de la Grande Bretagne

Un nombre restreint mais croissant d’enfants tombent malades avec un syndrome rare qui pourrait être lié au coronavirus, avec des cas rapportés montrant des symptômes de douleurs abdominales, des symptômes gastro-intestinaux et une inflammation cardiaque, ont averti les patrons de soins de santé et les pédiatres britanniques. 

Dimanche dernier, la Pediatric Intensive Care Society UK a émis une “alerte urgente” du National Health Service (NHS) concernant une augmentation du nombre d’enfants gravement malades présentant “des caractéristiques de chevauchement du syndrome de choc toxique et de la maladie atypique de Kawasaki avec paramètres sanguins “- certains enfants étant positifs pour Covid-19.

L’alerte urgente, envoyée aux médecins généralistes britanniques par le NHS England, a averti qu’au cours des trois dernières semaines, “Il y a eu une augmentation apparente du nombre d’enfants de tous âges présentant un état inflammatoire multisystémique nécessitant des soins intensifs partout Londres et aussi dans d’autres régions du Royaume-Uni”, a rapporté lundi le Health Service Journal. Au moins 12 enfants britanniques ont eu besoin de soins intensifs en raison de cette maladie liée à Covid-19. 

L’alerte rajoute : “On craint de plus en plus qu’un syndrome inflammatoire lié à [covid-19] apparaisse chez les enfants au Royaume-Uni, ou qu’il puisse y avoir un autre pathogène infectieux, encore non identifié, associé à ces cas”.

Qu’est-ce que la maladie de Kawasaki?

La maladie de Kawasaki, également connue sous le nom de syndrome de Kawasaki, est une maladie infantile rare qui provoque une inflammation des parois des vaisseaux sanguins du corps.

La maladie de Kawasaki est une des principales causes de cardiopathie acquise aux États-Unis, et les complications graves peuvent inclure des anévrismes et des dilatations des artères coronaires, selon la société de santé américaine Mayo Clinic.

Le traitement standard, qui implique l’immunoglobuline intraveineuse et l’aspirine, peut considérablement réduire le développement d’anomalies des artères coronaires, selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) des États-Unis.

Selon le NHS, environ 25% des enfants atteints de la maladie qui ne reçoivent pas de traitement souffrent de complications cardiaques, qui peuvent inclure des conditions telles que les crises cardiaques et les maladies cardiaques.

Cependant, le NHS dit que la plupart des enfants atteints de la maladie de Kawasaki se rétablissent complètement s’ils reçoivent un traitement rapide. (source)