Le déconfinement des abeilles

Je me questionne souvent, sur les motifs qui poussent l’humain à se compliquer la vie et ne penser qu’à son nombril, au nom de raisons qui peuvent sembler superficielles, voire irresponsables.

Comme éviter de respecter les consignes de santé publique, parce qu’on ne croit pas au port du masque, visant à protéger les autres. Ou bien défier la distanciation sociale, parce que notre BBQ entre amis est trop alléchant et que faire fi du « deux mètres », ça doit pas être ben ben grave… « juste une fois au chalet », mettons.

Ou bien encore tondre trop assidûment son gazon parce qu’on veut la pelouse parfaite comme le gars du coin de la rue… ou pire, obséder pour se débarrasser des fameux pissenlits, au lieu de juste se satisfaire de ce que le printemps nous apporte de beau.

Au sortir de notre hiver pas facile, les petites abeilles qui nous nourrissent à l’année longue se retrouvent, elles aussi, plutôt affamées…. mais pas juste d’interactions sociales. Elles s’éveillent tranquillement, avec le peu d’énergie et le courage qui leur restent, et partent à la recherche des couleurs printanières, synonymes de nourriture.

On aura été plusieurs cette année j’ai l’impression, à s’accrocher à la perspective de temps plus doux, plus ensoleillés et à espérer trouver refuge, au sein des couleurs vives de l’arc-en-ciel.

Et alors que notre déconfinement poursuit son envol, les petites abeilles québécoises, elles, le font aussi, en espérant trouver, sur leur chemin, quelques pissenlits, souvent source des premiers pollens de l’année.

Pour la petite abeille qui sort de son propre confinement hivernal, le pissenlit, très nutritif, est souvent le meilleur remède, assurant sa survie et lui permettant de bâtir sa colonie.

C’est un équilibre que la nature nous offre en cadeau… et que plusieurs tassent du revers de la main, accusant faussement le pissenlit d’être une espèce envahissante, l’attaquant à coups de désherbage et d’herbicides.

On tasse nos pissenlits… comme on tasse parfois l’avis des instances de santé publique, à grands coups de désinformation et de pseudoscience.

Laisser pousser les pissenlits, c’est permettre aux abeilles de reprendre des forces et ainsi assurer une pollinisation pour le reste de la saison.

Reprenons donc des forces tous ensemble, tranquillement, avec des solutions simples. Reprenons doucement notre souffle, en collaboration et avec prudence, en gardant l’essentiel en tête. En trouvant un équilibre, bien dosé.

Laisser pousser nos pissenlits, c’est assurer la survie de nos abeilles… et celle de nos cultures.

Si seulement c’était aussi simple pour assurer la nôtre… et celle des abeilles de notre système de santé, à l’aube de cette deuxième vague.