ÇA PREND TOUTES LES COULEURS D’HUMAINS POUR LE FAIRE, NOTRE ARC-EN-CIEL

Peut-être que vous ne le saviez pas, mais pour porter un N95, il est nécessaire d’être rasé de près, pour l’étanchéité. Et même pour un masque de procédure, c’est fortement recommandé, afin de limiter le plus possible les espaces et fuites d’air.

En écoutant la voix d’un collègue, dans un vidéo ce matin (dont le lien est dans les commentaires), je n’ai pu retenir une petite larme.

C’est un collègue urgentologue sikh qui raconte le lourd processus décisionnel en lien avec le rasage de sa barbe. Il nous confie comment le rasoir a enlevé bien plus que des poils, sur son visage.

Voyez-vous, pour les médecins sikhs, c’est une réflexion existentielle, opposant deux principes fondateurs de leur identité, qui leur est imposée, dans le contexte actuel. Servir la population d’une part… ou conserver leur barbe, symbole puissant des principes qui les guident et les forgent.

Notre identité, comme humain, se crée au fil du temps, des années, des expériences, des épreuves et des valeurs rencontrées… pour finalement teinter la personne qu’on devient.

L’identité, qui habille quelqu’un, peu importe sa couleur, se tisse dans l’invisible pour les yeux.

Et notre humanité, elle n’est vraiment belle et complète que lorsqu’on les ouvre, nos yeux, aux différentes couleurs des humains, entrelacés dedans.

On peut ne pas partager les mêmes croyances, spirituelles ou religieuses, dans la vie… mais on peut certainement au moins comprendre la douleur du deuil, dont celui d’une partie de nous-mêmes, en ces temps de pandémie, alors que tous doivent sacrifier des bouts de leur vie d’avant. Des bouts de qui ils étaient, avant… et de ce qui les définissait.

Le deuil de ça, c’est universel, en ce moment.

Et ça aura probablement pris cette douleur commune, pour nous permettre de s’élever et se supporter assez… pour voir au-delà des barrières, érigées dans l’intolérance de nos différences.